Des délégations militaires algérienne et mauritanienne se sont rencontrées à Tindouf, où elles ont discuté des « moyens de mettre en place des mécanismes de coordination sécuritaire conjointe entre les armées des deux pays frères dans la région frontalière commune »
La délégation de l'armée mauritanienne, conduite par le colonel Cheikh Sidi Bouya Saleck, commandant de la Deuxième Région militaire (frontalière avec l'Algérie), et celle de l'Armée nationale populaire algérienne était dirigée par le général de division Meradji Kamal, commandant du Secteur opérationnel Sud à Tindouf (également frontalier avec la Mauritanie), avaient participé à cette réunion.
L'armée mauritanienne a indiqué que les deux parties ont discuté des « moyens de mettre en place des mécanismes de coordination sécuritaire conjointe entre les armées des deux pays frères dans la région frontalière commune ».
Cette réunion intervient alors que les deux pays sont confrontés à des défis communs, notamment la menace que représentent les organisations terroristes contrôlant des zones dans les pays sahéliens voisins, en particulier le Mali, frontalier de l'Algérie et de la Mauritanie, ainsi que la menace que représentent les réseaux criminels transnationaux organisés et les réseaux de trafic de drogue, d'êtres humains et d'armes opérant dans la région du Sahara.
Depuis 2016, l'exploitation artisanale de l'or s'est développée en Mauritanie, attirant des dizaines de milliers de jeunes qui prennent le risque de pénétrer dans des zones militaires fermées et de franchir la frontière algéro-mauritanienne pour extraire de l'or en territoire algérien. Cette pratique a conduit à l'arrestation de certains d'entre eux par l'armée algérienne.
L'exploitation artisanale de l'or est l'une des questions les plus sensibles, gérée avec prudence de part et d'autre de la frontière algéro-mauritanienne, par crainte que des groupes extrémistes ou des réseaux criminels n'exploitent cette activité pour financer leurs opérations.
Pour relever ce défi, les deux pays ont signé un mémorandum d'entente à Nouakchott en avril 2021 afin de créer un comité frontalier conjoint. Ce comité est chargé de coordonner et de développer la coopération dans les domaines de la sécurité, de l'économie, de la culture et de la gestion des crises dans les régions frontalières.
Il a été annoncé à l'époque que l'objectif du comité est de renforcer les échanges économiques, commerciaux, culturels et sportifs entre les régions frontalières, ainsi que de sécuriser la frontière commune et de lutter contre la criminalité organisée et l'immigration irrégulière, dans le cadre de la réponse aux enjeux de sécurité et de développement.
Par ailleurs, cette réunion sur la sécurité fait suite à celle du comité de coopération bilatérale, qui s'est tenue début avril en Algérie. Lors de cette réunion, les participants ont discuté de projets de coopération conjoints, dont le plus important est la route reliant Tindouf (Algérie) à Zouérat (Mauritanie).
Ce projet est présenté comme l'un des plus importants pour le développement des deux pays. L'Algérie souhaite l'utiliser pour accéder au marché ouest-africain via la Mauritanie, tandis que Nouakchott ambitionne de diversifier ses importations en s'ouvrant davantage au marché algérien.
Longue de 850 kilomètres, la route traverse un désert accidenté et inhabité. Sa construction est assurée par plus de dix entreprises algériennes. Malgré l'avancement des travaux, la route se heurte à d'importantes difficultés liées à l'environnement difficile dans lequel elle est construite.
L'année dernière, les autorités algériennes ont confirmé leur intention d'achever la route au plus tard en juillet de cette année, soit dans un délai de trois mois seulement. Cependant, certains éléments laissent présager un possible retard. La réunion s'est tenue à l'extrême sud-ouest de l'Algérie, près de la frontière entre les deux pays, dans le but de « développer une coordination sécuritaire conjointe », selon un communiqué de l'armée mauritanienne.
L'armée mauritanienne a précisé sur sa page Facebook qu'il s'agissait de « la première réunion de coordination sécuritaire de 2026 », en référence aux rencontres de sécurité organisées par les chefs militaires des deux pays.
Chargh El Ewsatt