Nouakchott souhaite aux maliens de ‘’surmonter cette épreuve dans les plus brefs délais’’

Face aux attaques coordonnées qui ont ébranlé le Mali ce 25 avril, la Cedeao, l’Union Africaine, le Sénégal et la Mauritanie ont été parmi les premières voix à s’élever pour exprimer leur solidarité à l’égard de Bamako dans un contexte où le Front de libération de l’Azawad (FLA) revendique la prise de Kidal.

Au lendemain des attaques, la Commission de la CEDEAO a publié depuis Abuja, le 26 avril 2026, une déclaration officielle condamnant fermement les événements survenus la veille au Mali.

Dans sa déclaration, l’organisation sous-régionale a appelé tous les États, les Forces de sécurité et les populations d’Afrique de l’Ouest à s’unir dans un effort coordonné contre le terrorisme. Et a présenté ses condoléances aux familles des victimes ainsi que sa solidarité avec le peuple et les autorités du Mali.

L’Union Africaine a aussi fermement condamné une vague d’attaques coordonnées à travers le Mali, les qualifiant de tentatives délibérées de déstabilisation du pays et de mise en danger des civils. Dans un communiqué, Mahmoud Ali Youssouf a condamné fermement «ces actes, qui risquent d’exposer les populations civiles à des dangers importants». Il a également réaffirmé «l’engagement constant de la Commission en faveur de la promotion de la paix, de la sécurité, de la bonne gouvernance et de la stabilité au Mali».

 Par ailleurs, le Président de la Commission de l’UA exprime sa pleine solidarité avec le peuple malien, les forces de défense et de sécurité ainsi que les autorités nationales. L’UA a également appelé à un renforcement de la coordination entre les acteurs régionaux, exhortant la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest à travailler plus étroitement avec les mécanismes continentaux afin d’éviter une nouvelle détérioration de la sécurité dans le Sahel central.

L’intervention de l’UA reflète des préoccupations plus larges selon lesquelles l’escalade de la violence pourrait compromettre les discussions en cours entre le Mali et Washington sur des arrangements de partage du renseignement, y compris d’éventuelles opérations de surveillance par drones jugées essentielles aux efforts de lutte contre le terrorisme dans le Sahel.

Mauritanie et Sénégal alarmés

Le Président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a condamné «avec la plus grande fermeté les attaques terroristes perpétrées contre la République sœur du Mali», exprimant «au nom du peuple sénégalais et en son nom propre» la solidarité de Dakar envers le gouvernement malien, les Forces de défense et de sécurité ainsi que le peuple malien tout entier. ‘’Le Sénégal restera constant aux côtés du Mali pour œuvrer ensemble, avec les pays de la sous-région, à la restauration de la paix et de la sécurité dans notre espace commun’’, a-t-il déclaré.

Dans un communiqué publié ce 26 avril 2026, le Ministère mauritanien des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Mauritaniens de l’extérieur a indiqué suivre ‘’avec une vive inquiétude les développements récents en République sœur du Mali’’. Le gouvernement mauritanien a exprimé ‘’sa solidarité totale avec le Mali frère en ces circonstances difficiles’’, réaffirmant ‘’son souci permanent de la sécurité et de la stabilité’’ du pays et ses efforts constants pour ‘’l’instauration de la paix dans toute la région’’.

Nouakchott a réitéré ses ‘’liens de fraternité et de bon voisinage’’ avec Bamako, souhaitant au Mali de ‘’surmonter cette épreuve dans les plus brefs délais’’. Le Mali a vécu ce samedi 25 avril 2026 une journée d’une intensité rarement observée depuis l’effondrement sécuritaire de 2012. Des attaques armées simultanées ont visé plusieurs positions militaires et villes stratégiques du pays — dont Bamako, Kati, Gao, Kidal, Sévaré et Mopti — révélant un niveau de coordination inédit entre groupes jihadistes et rébellion touarègue.

Ces attaques coordonnées menées samedi, ont été revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda au Sahel, dans un communiqué diffusé sur ses canaux de propagande. Le mouvement affirme être responsable de l’attaque contre la résidence du président Assimi Goïta, le siège du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, ainsi que l’Aéroport international Modibo Keïta de Bamako. Il revendique également des assauts contre les positions militaires de Kati et affirme avoir pris « le contrôle total » de Mopti ainsi que de plusieurs positions à Sévaré et Gao.

Dans son communiqué, le JNIM évoque également la présence de «mercenaires russes» aux côtés de l’armée malienne et indique vouloir «neutraliser la partie russe dans le conflit» en échange d’une cessation des hostilités contre leurs positions.

De son côté, le Front de libération de l’Azawad (FLA) a revendiqué dans un communiqué signé par son porte-parole Mohamed Elmaouloud Ramadane la prise de ‘’contrôle total de la ville de Kidal’’, menée en coordination avec le JNIM. Seule subsisterait ‘’une petite poche de résistance résiduelle composée de mercenaires russes de l’Africa Corps et quelques militaires maliens retranchés dans l’ancien camp de la MINUSMA’’. Le FLA affirme également avoir participé aux attaques contre les positions militaires à Gao.

Dans un passage particulièrement offensif, le mouvement appelle les autorités russes à ‘’reconsidérer leur engagement aux côtés de la junte » et se déclare ‘’ouvert à toute convergence de stratégies’’ visant un ‘’changement politique mettant fin à la gouvernance actuelle’’, qu’il considère comme ‘’un obstacle majeur à toute solution politique crédible et inclusive’’

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