Le gouvernement compte transformer la mosquée en un phare de la souveraineté religieuse et en un centre de gravité pour un discours modéré

Le ministre des Affaires islamiques et de l’Enseignement originel, M. El Vadil Ould Sidaty Ould Ahmed Louly a présenté aujourd’hui mercredi, au cours d’une conférence de presse, les grandes lignes du programme visant à renforcer la présence de son secteur dans les quatre coins du pays.

Cet exposé intervient à la suite de sa présentation quelques heures auparavant, au conseil des ministres,  d’une communication relative au programme de renforcement de la présence territoriale du secteur des Affaires Islamiques (Programme des Mosquées Officielles Locales).

Le secteur figure au premier rang des priorités du Président de la République, a indiqué Ould Ahmed Louly, selon lequel, le nouveau programme dit « Programme des Mosquées Officielles Locales » va s’inscrire dans la cadre des réformes que connait le pays.

Ledit programme va initier une nouvelle phase de travail sur le terrain pour moderniser le secteur et ancrer sa présence en profondeur sur toute l’étendue du territoire national.

Il s’appuie sur une analyse des dysfonctionnements structurels identifiés dans le diagnostic sectoriel de décembre 2025, qui a révélé un déficit en matière de couverture institutionnelle et une fragilité de la supervision directe.

Pour le ministre, via ce programme, l’ambition est de transformer la mosquée en un phare de la souveraineté religieuse et en un centre de gravité pour un discours modéré. Dans un premier temps, le programme va se concentrer sur six défis que sont : les dysfonctionnements législatifs et le vide institutionnel, combler le fossé de la présence sur le terrain, lutter contre l’extrémisme, renforcer les capacités des imams et les former, améliorer la situation matérielle et professionnelle des travailleurs et répondre aux exigences de réforme en matière de professionnalisation.

Le programme poursuit par ailleurs des objectifs principaux qui s’articulent autour du renforcement de la présence officielle sur le terrain, l’organisation du discours religieux et la préservation l’identité nationale, la professionnalisation, l’ancrage de la relation entre la mosquée et l’école coranique et la réponse à la fonction sociale.

Pour ce qui est de la mise en œuvre, le ministre a annoncé trois phases progressives : la première concerne les moughataas de Nouakchott et les capitales des wilayas, la deuxième touchera les capitales dans grandes moughataas, et la troisième couvrira toutes les moughataas du pays.

Il a assuré que le processus de sélection des mosquées reposera sur plusieurs critères, notamment l’ancienneté, l’emplacement stratégique, la situation immobilière, la superficie, la capacité à développer le niveau scientifique de l’imam et les activités en cours.

Le programme se déploiera en outre, à travers trois axes principaux : le premier concerne les infrastructures et la modernisation, la rénovation et l’expansion, ainsi que les équipements modernes et les installations annexes. Le deuxième axe est scientifique et concerne le prêche, visant à former les imams en adéquation avec l’enseignement traditionnel et à soutenir l’éclat scientifique. Le troisième axe est institutionnel, visant à améliorer les conditions des équipes religieuses, à créer des emplois de soutien et à garantir la durabilité financière.

Enfin, le ministre a affirmé que le programme représente la pierre angulaire de la réforme du secteur, incarnant la réponse au diagnostic en renforçant le cadre de la spiritualité, en contribuant au développement et à la justice, tout en garantissant la continuité à travers son lien avec la feuille de route des réformes élaborée après le diagnostic présenté au conseil des ministres.

Interpellé sur la question des ressources humaines, le ministre a rappelé que son département et les institutions sous sa tutelle ont à leur service des fonctionnaires et un personnel sous contrat.

Les premiers cités bénéficient directement des augmentations annoncées. Pour les autres, le ministère travaille sur une solution durable et donc institutionnelle. Il a affirmé qu’aucun effort ne sera ménagé, pour améliorer les conditions de travail.