C’est un tournant majeur pour l'accès aux soins dans le sud-africain mauritanien. Ce mardi 9 juin 2026, la ville de Kiffa a vibré au rythme du lancement officiel des activités de la Caisse nationale de solidarité en santé (CNASS) dans la wilaya de l’Assaba.
Plus qu'une simple cérémonie officielle, cet événement marque le déploiement d’un filet de sécurité sociale attendu par des milliers de familles à faibles revenus.
Un partenariat local pour briser les barrières financières
Sous la présidence du ministre de la Santé, M. Thiam Tidjani, et en présence des autorités régionales, une série d'accords stratégiques a été signée. Le Conseil régional de l’Assaba, les communes de Kiffa, Kankossa et Aghorat, ainsi que le centre hospitalier régional et les structures de soins de base font désormais front commun avec la CNASS.
L'objectif est clair : rapprocher les structures de santé des citoyens et vulgariser l’assurance maladie volontaire. En ciblant directement l'informel et les ménages ruraux, cette initiative vise à transformer la santé, autrefois perçue comme un luxe ou une source d'endettement, en un droit accessible à tous.
Des chiffres en forte progression
Le système mauritanien de protection sanitaire change d'échelle. Lors de son allocution, le ministre a dressé un bilan éloquent des réformes en cours :
900 000 citoyens bénéficient aujourd'hui d'une prise en charge nationale.
250 000 affiliés directs ont rejoint le système de la caisse.
150 000 familles parmi les plus vulnérables sont intégralement couvertes par l'État.
La force de ce modèle réside dans son inclusivité. Les nouveaux protocoles intègrent désormais des profils autrefois exclus des systèmes de prévoyance : les veuves, les étudiants, les personnes vivant avec un handicap, mais aussi l’immense réservoir des travailleurs du secteur informel.
Un investissement de 130 millions d'ouguiyas
Mme Amal Cheikh Abdallahi, directrice générale de la CNASS, a rappelé l'impact concret de la structure sur le terrain. Depuis sa création, la caisse a déjà injecté plus de 130 millions d’ouguiyas nouvelles pour financer les prestations dans les structures agréées, permettant la prise en charge de 5 000 interventions chirurgicales.
L'annonce a suscité un élan de solidarité locale immédiat. Plusieurs maires et députés de la wilaya de l'Assaba ont d'ores et déjà annoncé qu'ils financeraient sur leurs propres fonds l’adhésion de centaines de familles nécessiteuses de leurs communes.
Le défi de la sensibilisation
Après Nouakchott, le Brakna, le Trarza, Dakhlet Nouadhibou et le Gorgol, l'Assaba devient la nouvelle étape d'un maillage progressif du territoire national.
Le défi réside désormais dans l'adhésion populaire. Les autorités locales et la société civile sont appelées à intensifier les campagnes de sensibilisation sur le terrain. L'enjeu est de faire comprendre aux populations rurales que cotiser à une assurance solidaire reste le meilleur bouclier économique contre les aléas de la maladie